Monter à cheval tous les jours, enchaîner les concours, vivre de sa passion : le métier de cavalier professionnel fait rêver des milliers de cavaliers amateurs. Mais derrière les parcours sans faute en CSO ou les reprises de Grand Prix de dressage, la réalité du quotidien est bien plus exigeante — et bien moins glamour — que ce que les réseaux sociaux laissent imaginer. Gestion d’écurie, valorisation de jeunes chevaux, recherche de propriétaires, pression financière : voici le vrai visage de ce métier hors norme.
Mémo à retenir
Le cavalier professionnel vit de l’équitation : entraînement, compétition et commerce de chevaux. Les formations clés sont le BPJEPS (niveau bac) et le DEJEPS (niveau bac+2). Le salaire varie de 1 500 à 5 000 € net/mois selon le niveau et le nombre de chevaux en écurie. La majorité exerce en CSO, suivi du dressage et du concours complet.
Qu’est-ce qu’un cavalier professionnel ?
Un cavalier professionnel est un sportif qui fait de l’équitation son activité principale. Contrairement au cavalier amateur — qui monte pour le loisir et concourt à ses frais — le cavalier pro tire ses revenus de la monte, du travail des chevaux et des résultats en compétition.
En France, la Fédération Française d’Équitation (FFE) distingue le statut amateur du statut professionnel. Le passage au statut pro implique l’obtention d’une licence professionnelle FFE et, dans la plupart des cas, la détention d’un diplôme d’enseignement (BPJEPS ou DEJEPS), car rares sont les cavaliers qui vivent exclusivement de la compétition sans activité complémentaire.
Le cavalier professionnel ne doit pas être confondu avec le moniteur d’équitation, même si les deux métiers se cumulent très souvent. Le moniteur enseigne ; le cavalier pro monte et concourt. En pratique, 80 % des cavaliers pros sont aussi enseignants pour sécuriser leurs revenus.
Le quotidien d’un cavalier professionnel
Monter 6 à 10 chevaux par jour
La journée type commence tôt — souvent entre 6h et 7h — par les soins aux chevaux (nourriture, vérification de l’état général). Puis vient le travail monté : 6 à 10 chevaux par jour, chacun avec un programme adapté (dressage de base, gymnastique à l’obstacle, détente, reprise de travail post-blessure). Les cavaliers de CSO consacrent aussi du temps au travail à pied (longe, marcheur, liberté) et à la gestion logistique de l’écurie.
Valoriser les jeunes chevaux
Une part essentielle du métier — et souvent la plus rentable — est la valorisation de jeunes chevaux. Le cavalier pro reçoit des chevaux de 3-4 ans, les débourre, les forme et les présente en concours (Cycles Classiques, championnats SHF). L’objectif : prouver leur potentiel sportif pour les revendre avec une plus-value, ou les conserver pour la compétition de haut niveau.

Concourir et déplacer l’écurie
Les week-ends (et parfois la semaine) sont consacrés aux concours. Le cavalier pro organise les déplacements : transport des chevaux, gestion des engagements, préparation du matériel. En CSO, un cavalier actif peut participer à 30 à 50 concours par an, du Club au Grand Prix. Les déplacements représentent un poste de dépense majeur (carburant, péages, frais d’engagement, hébergement).
Comment devenir cavalier professionnel ?
Il n’existe pas de « diplôme de cavalier professionnel ». Le parcours combine un niveau équestre élevé (galop 7 minimum, idéalement des résultats en compétition Amateur ou Pro) et une formation diplômante qui ouvre le droit d’exercer et d’enseigner.
| Formation / Diplôme | Niveau | Durée | Débouché principal |
|---|---|---|---|
| BPJEPS Activités Équestres | Bac (niveau 4) | 1 à 2 ans (alternance) | Moniteur-cavalier, enseignement + compétition |
| DEJEPS Perfectionnement sportif | Bac+2 (niveau 5) | 1 à 2 ans | Entraîneur, cavalier de haut niveau |
| DESJEPS / Cadre Noir de Saumur | Bac+3 (niveau 6) | 2 à 3 ans | Directeur sportif, écuyer national |
| Pôle France / Pôle Espoir FFE | Sélection sur résultats | Variable | Équipe de France, circuit international |
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La voie la plus courante : obtenir le BPJEPS en alternance dans une écurie de compétition, puis se spécialiser avec le DEJEPS tout en développant sa cavalerie et ses résultats. Le talent ne suffit pas : il faut aussi un réseau de propriétaires prêts à confier leurs chevaux, et un sens aigu de la gestion d’entreprise.
CSO, dressage ou complet : les spécialités du cavalier pro
Le métier s’exerce dans plusieurs disciplines, chacune avec ses spécificités économiques et sportives :
- CSO (Concours de Saut d’Obstacles) — La discipline reine en France. C’est là que se concentrent la majorité des cavaliers pros, les plus gros circuits (Grand Prix, Global Champions Tour) et le commerce de chevaux le plus actif. Un cheval de CSO international peut valoir de 100 000 à plusieurs millions d’euros.
- Dressage — Plus confidentiel, le dressage pro exige un niveau technique très élevé (Grand Prix, passage, piaffer). Moins de cavaliers, mais une demande croissante portée par les propriétaires de chevaux ibériques et de warmblood de qualité.
- Concours complet (CCE) — La discipline la plus physiquement exigeante, combinant dressage, cross-country et CSO. Moins de cavaliers professionnels, mais un circuit bien structuré (CCI, Grand National).
Certains cavaliers pros se spécialisent dans le débourrage et la valorisation sans viser le haut niveau : ils forment des chevaux pour les revendre à des amateurs. D’autres combinent compétition et enseignement, en dispensant des stages avec leur expertise de terrain.
Cavalier professionnel : salaire et revenus
Le sujet le plus recherché — et le plus complexe. Le revenu d’un cavalier pro ne se résume pas à un « salaire » fixe. Il combine plusieurs sources :
| Profil | Revenu net estimé | Sources principales |
|---|---|---|
| Cavalier débutant / jeune pro | 1 200 – 1 800 €/mois | Enseignement + travail de chevaux |
| Cavalier installé (Pro 2 / Pro 1) | 2 000 – 3 500 €/mois | Pensions + valorisation + enseignement |
| Cavalier de haut niveau (GP/international) | 4 000 – 10 000+ €/mois | Gains + vente de chevaux + sponsors |
| Cavalier salarié d’une grande écurie | 1 800 – 3 000 €/mois | Salaire fixe + primes de résultat |
La réalité financière est contrastée. Les gains en concours sont faibles par rapport aux frais engagés (engagements, transport, vétérinaire, maréchal). La vraie rentabilité vient du commerce de chevaux (acheter un jeune cheval à 10 000 €, le valoriser et le revendre 40 000 à 80 000 €) et des pensions de travail facturées aux propriétaires (500 à 1 500 €/mois par cheval).
Quel statut juridique pour un cavalier professionnel ?
La question du statut est cruciale et souvent source de confusion :
- Salarié d’une écurie — Le cavalier est employé par un propriétaire d’écurie ou un autre cavalier pro. Salaire fixe, protection sociale, mais moins de liberté dans le choix des chevaux et des concours.
- Indépendant (entreprise individuelle / EURL / SASU) — La majorité des cavaliers pros établis. Ils gèrent leur propre structure, facturent les pensions, l’enseignement et le commerce. Régime fiscal agricole ou BNC selon l’activité dominante.
- Double statut — Certains combinent un emploi salarié à mi-temps (enseignement dans un centre équestre) et une activité indépendante de cavalier-valorisateur.
Le statut d’exploitant agricole est parfois accessible quand l’activité d’élevage ou de pension prédomine, offrant un cadre fiscal et social avantageux (MSA). Un accompagnement juridique est recommandé lors de l’installation.

Vidéo : dans les coulisses d’une écurie de cavalier professionnel
Cette immersion au Haras de Malleret (3,5 millions de vues) montre le quotidien d’un cavalier professionnel de dressage : travail des étalons, gestion de l’écurie, philosophie de formation des chevaux. Un regard authentique sur la réalité du métier.
Questions fréquentes sur le cavalier professionnel
Quel est le salaire d’un cavalier professionnel ?
Le revenu varie considérablement selon le niveau. Un jeune cavalier pro gagne entre 1 200 et 1 800 € net/mois. Un cavalier installé avec une dizaine de chevaux en pension atteint 2 000 à 3 500 €. Les cavaliers de haut niveau international peuvent dépasser 10 000 €/mois grâce aux gains, aux ventes de chevaux et aux sponsors.
Comment devenir cavalier professionnel ?
Il faut atteindre un niveau équestre élevé (galop 7 minimum, résultats en compétition), puis obtenir un diplôme professionnel : BPJEPS Activités Équestres (niveau bac) ou DEJEPS Perfectionnement sportif (bac+2). Le BPJEPS en alternance dans une écurie de compétition est la voie la plus courante.
Quel galop faut-il pour devenir cavalier professionnel ?
Le galop 7 est le prérequis minimum pour entrer en formation BPJEPS. En pratique, la plupart des cavaliers qui se lancent dans une carrière professionnelle sont déjà compétiteurs en épreuves Amateur, avec un niveau technique bien supérieur au galop 7.
Quel statut juridique pour un cavalier professionnel ?
Trois options principales : salarié d’une écurie, indépendant en entreprise individuelle (ou société), ou double statut. La majorité des cavaliers installés optent pour l’entreprise individuelle. Le régime agricole (MSA) est possible si l’activité d’élevage ou de pension prédomine.
Quelle est la différence entre cavalier professionnel et moniteur d’équitation ?
Le cavalier pro monte et concourt ; le moniteur enseigne. En réalité, 80 % des cavaliers professionnels en France sont aussi titulaires du BPJEPS et dispensent des cours pour compléter leurs revenus. Les deux activités se combinent très fréquemment.
Sources
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