En France, la filière équine compte environ 8 500 élevages répartis sur tout le territoire, avec une concentration forte en Normandie, en Pays de la Loire et dans le Sud-Ouest. L’éleveur de chevaux est à la fois agriculteur, sélectionneur, gestionnaire et soigneur. Il fait naître des poulains, les élève, les éduque et les valorise — pour le sport, les courses ou le loisir. C’est un métier de passion, mais aussi un métier d’entrepreneur agricole, soumis aux mêmes exigences économiques que n’importe quelle exploitation.
Mémo à retenir
L’éleveur de chevaux sélectionne les reproducteurs, gère les naissances et valorise ses produits (sport, courses ou loisir). Formation recommandée : Bac Pro CGEA ou BTSA Productions animales. Se déclarer éleveur : inscription MSA + numéro SIRE (IFCE). Revenu : 1 200 à 2 500 € net/mois pour un éleveur établi, très variable selon la spécialisation et les ventes.
Qu’est-ce qu’un éleveur de chevaux ?
L’élevage équin consiste à faire naître, élever et valoriser des chevaux dans un objectif précis. L’éleveur sélectionne ses reproducteurs (juments poulinières et étalons), suit les gestations, assiste aux poulinage, assure le débourrage précoce et prépare chaque poulain à sa future destination. Il gère aussi l’alimentation, les soins, les pâtures et l’ensemble de l’infrastructure (boxes, paddocks, carrière, rond de longe).
On distingue trois grandes filières d’élevage :
- Élevage de chevaux de sport — Selle Français, Anglo-Arabe, Hanovrien… L’objectif est de produire des chevaux pour le CSO, le dressage, le complet ou l’endurance. La valorisation passe par les concours de modèle et allures, les ventes aux enchères (Fences) et la performance sportive des produits.
- Élevage de chevaux de courses — Pur-Sang Anglais (galop) ou Trotteur Français (trot). Une filière à part, très liée au monde des courses hippiques et aux investisseurs. L’éleveur de chevaux de courses travaille en étroite collaboration avec les jockeys et les entraîneurs.
- Élevage de loisir et de tradition — Poneys, chevaux de races patrimoniales (Camargue, Mérens, Cob Normand), chevaux de randonnée. Les volumes de vente sont moindres, mais la demande est constante et le positionnement souvent plus local.
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Une journée dans la peau d’un éleveur
5h30, ton réveil sonne. Tu enfiles tes bottes et ta veste, il fait encore sombre. Dehors, le froid pique. Tu traverses la cour jusqu’à l’écurie — les premiers hennissements t’accueillent. Tu commences par la tournée : tu distribues le foin et les concentrés à chaque cheval, tu vérifies les abreuvoirs, tu inspectes les litières. Ensuite, tu ouvres les portes des paddocks et tu lâches les lots — les juments poulinières d’abord, puis les yearlings.
7h30, le poulinage de la nuit te revient en tête. Tu files voir la jument qui a mis bas à 2h du matin. Le poulain est debout, il tète. Tu vérifies qu’il a bien expulsé le méconium, tu désinfectes le cordon, tu notes l’heure dans le carnet. Tout va bien — mais tu sais que les 48 prochaines heures sont critiques.
9h, le vétérinaire arrive. Échographie de contrôle sur une poulinière qui a été inséminée il y a 16 jours. Tu retiens ton souffle devant l’écran — et là, la vésicule embryonnaire apparaît. Gestation confirmée. Tu souffles. C’est le résultat de trois mois de suivi, de chaleurs surveillées, de doses de semence commandées à 800 €.
11h, c’est l’heure du travail avec les jeunes. Tu longes un 3 ans qui sera présenté aux ventes de Fences dans quatre mois. Tu dois le préparer : condition physique, allures, comportement. Chaque séance est un investissement — tu sais que 10 minutes de travail bien fait valent mieux qu’une heure de lutte.
13h, pause rapide. Tu manges en répondant aux mails : un acheteur belge veut des vidéos du yearling bai, le maréchal-ferrant passe demain, l’IFCE te relance pour le bilan SIRE annuel. Tu ne t’ennuies jamais.
14h30, tu retournes aux pâtures. Tu déplaces les clôtures électriques pour la rotation de pâturage, tu vérifies un sabot suspect sur une poulinière, tu décides que le vétérinaire devra repasser. En fin d’après-midi, tu rentres les chevaux, tu distribues le repas du soir, tu cures les pieds d’un poulain qui commence à s’y habituer.
19h, tu fermes l’écurie. Mais le travail ne s’arrête pas : tu mets à jour le site web avec les photos du dernier né, tu prépares les déclarations de naissance, tu calcules le coût de la prochaine saillie. À 22h, tu te couches — et à 2h du matin, l’alarme de poulinage sonnera peut-être à nouveau.

Comment devenir éleveur de chevaux ? Les formations
Il n’existe pas de diplôme obligatoire pour s’installer comme éleveur équin. Néanmoins, une formation agricole est fortement recommandée — à la fois pour la crédibilité, pour l’accès aux aides à l’installation (DJA) et pour la maîtrise technique du métier. Voici les principaux cursus :
| Formation | Niveau | Durée | Focus |
|---|---|---|---|
| CAPA Palefrenier soigneur | CAP | 2 ans | Soins quotidiens, entretien d’écurie |
| Bac Pro CGEA (support équin) | Bac | 3 ans | Gestion d’exploitation, reproduction, élevage |
| BTSA Productions animales | Bac+2 | 2 ans | Zootechnie, génétique, gestion technico-économique |
| Licence Pro spécialisation équine | Bac+3 | 1 an | Management de structures, valorisation du cheval |
| CS Éducation et travail des jeunes équidés | Post-Bac | 1 an | Débourrage, mise en confiance, préparation à la vente |
Le Bac Pro CGEA (Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole, support équin) est le diplôme le plus courant pour s’installer. Il donne accès à la capacité agricole, indispensable pour bénéficier de la Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA, jusqu’à 40 000 €) et du statut d’exploitant agricole MSA. Le BTSA apporte un complément en gestion technico-économique et en génétique appliquée.
Se déclarer éleveur de chevaux : les démarches
C’est l’une des questions les plus posées par les porteurs de projet. En France, se déclarer éleveur de chevaux implique plusieurs étapes administratives :
- Inscription à la MSA (Mutualité Sociale Agricole) — Obligatoire dès que l’activité d’élevage constitue une activité agricole. Deux seuils existent : cotisant solidaire (surface ou temps de travail insuffisant pour être exploitant à titre principal) ou chef d’exploitation (activité principale).
- Immatriculation SIRE (IFCE) — Chaque cheval doit être identifié et enregistré au SIRE (Système d’Information Relatif aux Équidés). L’éleveur doit déclarer les naissances dans les 30 jours.
- Numéro EDE / DDPP — L’élevage doit être déclaré auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations pour le suivi sanitaire.
- Statut juridique — Exploitation individuelle, EARL, GAEC ou SCEA selon le projet. Le choix du statut impacte la fiscalité (micro-BA, régime réel), la protection sociale et la responsabilité.
Combien de chevaux pour être éleveur ? Il n’existe pas de minimum légal en nombre de têtes. Le critère est le temps de travail (au moins 150 heures/an pour le statut de cotisant solidaire, 1 200 heures/an pour chef d’exploitation) ou la surface minimale d’assujettissement (variable selon les départements). En pratique, la plupart des éleveurs déclarés possèdent au minimum 3 à 5 poulinières.
Éleveur de chevaux : salaire et rentabilité
Soyons francs : l’élevage équin est rarement une activité très rentable. Le salaire de l’éleveur de chevaux dépend énormément de la spécialisation, du nombre de produits vendus et de la qualité génétique du cheptel.
| Profil | Revenu net annuel estimé |
|---|---|
| Petit éleveur (3-5 poulinières, loisir) | 0 – 10 000 € (souvent activité complémentaire) |
| Éleveur établi (8-15 poulinières, sport) | 15 000 – 30 000 € |
| Éleveur de sport reconnu (ventes aux enchères) | 30 000 – 60 000+ € |
| Éleveur de PSA/TF de courses (haras) | Variable : de la perte nette à 100 000+ € |
Les postes de coûts principaux sont l’alimentation (foin, concentrés), les frais vétérinaires (suivi de reproduction, vaccins, urgences), les saillies (de 300 € pour un étalon local à 10 000+ € pour un étalon de CSO référencé ou un PSA de galop), l’entretien des pâtures et des installations, et les charges MSA. Beaucoup d’éleveurs diversifient leurs revenus en proposant la pension de chevaux, le débourrage, la vente de foin ou des prestations de valorisation.
L’élevage équin en France : état des lieux
La France est le premier pays européen en nombre d’équidés (environ 430 000 chevaux et poneys enregistrés). L’élevage se concentre dans quelques bassins historiques :
- Normandie — Berceau du Selle Français et du Trotteur Français. Le Calvados, l’Orne et la Manche concentrent à eux seuls plus de 20 % de l’élevage national.
- Pays de la Loire — Maine-et-Loire, Sarthe : élevage de sport et de trot.
- Sud-Ouest — Pyrénées-Atlantiques, Landes : races locales, Anglo-Arabe, élevage de courses.
- Camargue et Sud-Est — Chevaux de race Camargue, élevage extensif, tourisme équestre.

Pour trouver un éleveur par race ou par région, l’annuaire équestre Equids.com référence les élevages professionnels classés par spécialité — du Selle Français au Pur-Sang Arabe, en passant par les poneys, les Frisons et les chevaux de tradition.
Vidéo : à la rencontre d’un éleveur de trotteurs en Normandie
Découvrez l’élevage du Petit Banville et ses champions de trot : un éleveur normand passionné qui présente ses produits, sa sélection génétique et son quotidien. Un témoignage concret sur les réalités de l’élevage de chevaux de courses en France.
Questions fréquentes sur le métier d’éleveur de chevaux
Comment devenir éleveur de chevaux ?
Le parcours recommandé : obtenir un Bac Pro CGEA (support équin) ou un BTSA Productions animales, puis s’installer avec le statut d’exploitant agricole MSA. La Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) peut aider au financement. Aucun diplôme n’est légalement obligatoire, mais la capacité agricole est requise pour les aides.
Quel est le salaire d’un éleveur de chevaux ?
Le revenu varie énormément selon la spécialisation et le volume. Un éleveur établi (8-15 poulinières, sport) gagne entre 15 000 et 30 000 € net/an. Les éleveurs de sport reconnus, avec des ventes aux enchères réussies, peuvent dépasser 60 000 €. Beaucoup complètent avec la pension ou le débourrage.
Combien de chevaux faut-il pour être éleveur ?
Il n’y a pas de minimum légal. Le critère MSA est le temps de travail (150 h/an pour cotisant solidaire, 1 200 h/an pour chef d’exploitation). En pratique, la plupart des éleveurs déclarés possèdent au moins 3 à 5 poulinières.
Comment se déclarer éleveur de chevaux ?
Inscription à la MSA (cotisant solidaire ou chef d’exploitation), immatriculation au SIRE via l’IFCE pour chaque cheval, déclaration auprès de la DDPP pour le suivi sanitaire, et choix d’un statut juridique (individuel, EARL, GAEC).
Peut-on devenir éleveur de chevaux sans diplôme ?
Oui, il n’y a pas d’obligation légale de diplôme pour élever des chevaux. En revanche, sans capacité agricole (Bac Pro CGEA ou équivalent), l’accès à la DJA et à certaines aides est impossible. Une formation solide en zootechnie, reproduction et gestion est vivement recommandée pour la pérennité de l’exploitation.
Sources
Équipédia (IFCE)
Ministère de l’Agriculture
Les éleveurs de chevaux sur Equids.com
Découvrez tous les métiers du cheval sur Horsebook : du palefrenier groom au jockey, en passant par le vétérinaire équin.





