Alexandre chevauchant Bucéphale lors de la bataille d'Issos - Mosaïque de la maison du Faune à Pompéi.
Petit rappel historique (et antique !) : Alexandre Le Grand est le fils de Philippe II, l'élève d'Aristote et il succède à son père en 336 avant J.C. Il devient à vrai dire rapidement l'un des plus grands conquérants de l'Histoire, son royaume englobant l'immense empire perse jusqu'aux rives de l'Indus. Il est à ce jour également considéré comme le plus grand stratège de l'histoire des conquêtes, se plaçant en unificateur du monde connu.
"Achète-le moi, père !", c'est apparemment en ces termes que le jeune Alexandre, alors âgé de douze ou treize ans, interpela son père alors Roi de Macédoine : Philippe II sélectionnait des chevaux en vue des guerres à venir contre les Perses. Le cheval que le garçon désire ardemment n'est autre que Bucéphale, un cheval bai brun. Son nom signifie "tête de taureau", ce qui fait certainement allusion à un front large et à des naseaux courts et écartés. Réputé immontable, Philippe n'a pas de temps à perdre avec ce cheval, il a l'empire perse à conquérir !
Alexandre, évidemment déterminé, souhaite tout de même l'essayer. Il découvre, après avoir pris le temps de l'observer, que le cheval a peur des ombres, de la sienne, mais aussi de celles des hommes qui s'approchent de lui. Malin, le jeune garçon se met dos au soleil et place Bucéphale face à l'astre. Les ombres sont alors derrière le cheval et Bucéphale ne peut les voir. Grâce à cette ruse, Alexandre peut se hisser sur son dos. Il peut ainsi faire un tour, instaurant un climat de confiance entre lui et l'animal (c'est trop beau pour être vrai en si peu de temps, n'est-ce pas ?). Philippe se serait exclamé à la suite de cet événement "cherche-toi un nouveau royaume, mon fils ! La Macédoine est trop petite pour toi" (propos tirés des textes de Plutarque).
Depuis lors et devenu Roi de Macédoine, Alexandre Le Grand et Bucéphale font équipe et mènent la cavalerie macédonienne dans toutes les batailles qui les mèneront de la Grèce à l'Inde, pendant vingt ans. C'est ce qu'on appelle une sacré chevauchée fantastique !
Toute belle histoire a cependant une fin, ou plutôt des fins puisque les historiens ne s'accordent pas à ce sujet. Selon certains, le cheval serait mort lors d'une bataille, la dernière d'Alexandre, après l'avoir mené à la victoire. Aux dires d'autres, Bucéphale serait mort de vieillesse à trente ans. L'on peut penser que sa fin de vie n'a pas d'importance et que c'est l'hommage rendu par son propriétaire qui en a. Alexandre Le Grand déplora la perte d'un véritable ami et d'un cheval d'exception. Pour le remercier, il le fit ensevelir avec les honneurs militaires et bâtit une cité sur le site : Bucéphalie (actuelle Phalia au Pakistan).
Comme quoi, derrière les grands hommes ne se cachent pas que des femmes mais aussi des chevaux !















